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2 juillet 2009 :

il y a un an, Ingrid Betancourt et 14 de ses compagnons de détention étaient libérés, dans une opération des services secrets colombiens qui n’a probablement pas encore livré tous ses secrets.
Au moment où nous commémorons cet anniversaire, je voudrais vous remercier pour le soutien que vous avez témoigné à nos actions pendant toutes ces années.
 
Si elle a marqué un tournant important, la libération d’Ingrid n’a pas signifié pour les comités la fin de nos activités. Dès le début en effet, c’est pour TOUS les séquestrés de Colombie et non pour la seule Ingrid Betancourt que nous nous sommes mobilisés. Et nous devons tristement constater que la situation humanitaire en Colombie continue à s'aggraver.
 
Des milliers de personnes sont encore détenues en otages par divers groupes illégaux, la délinquance commune, les paramilitaires ou par l'une ou l'autre guérilla ; parmi elles, 22 militaires et policiers considérés comme échangeables par la guérilla des FARC, et dont certains sont détenus depuis près de douze ans.
 
La libération de Pablo Emilio Moncayo (enlevé le 21 décembre 1997 avec Cabo Libio José Martinez Estrada,soit près de 12 ans de captivité) et d'un de ses compagnons, promise par les FARC depuis avril sans autre condition que de pouvoir les remettre au père de Pablo Emilio et à la sénatrice Piedad Cordoba, reste bloquée depuis deux mois par le refus du gouvernement Uribe que ces deux personnes participent au processus de libération.
 
Le drame que vivent les familles de séquestrés n'est pas moindre que celui vécu par les familles de disparus : des dizaines de milliers de personnes  qui ont été enlevées, torturées puis assassinées par les groupes paramilitaires d'extrême-droite, et dont on commence seulement à retrouver les corps dans des fosses communes creusées par leurs tortionnaires.
 
Au cortège innombrable des victimes de la violence s'ajoutent également les familles des "faux positifs" : des civils, souvent des adolescents, des retardés mentaux ou des personnes vivant dans les quartiers pauvres autour des villes, qui ont été froidement assassinés par l'armée colombienne, revêtus ensuite d'uniformes de la guérilla et présentés comme "trophées de guerre" dans le but de recevoir des médailles, des jours de congés ou  une promotion. Un rapporteur spécial des Nations Unies, à l’issue d’une visite in situ effectuée du 8 au 18 juin 2009, a rendu publique une déclaration dans laquelle il affirme que le phénomène n’est nullement limité,  mais  qu'il s'agit au contraire d'une pratique "systématique et généralisée". En ce moment 1.400 cas ont été dénombrés, et de nombreux autres sont en cours d'investigation.
 
Le conflit armé qui ensanglante le pays continue à faire des milliers de victimes chaque année, et le nombre de personnes chassées de leurs villages par la violence et la menace approche maintenant les quatre millions, ce qui fait de la Colombie la plus grande catastrophe humanitaire au monde après le Soudan.


En France, en Belgique, en Suisse et ailleurs, les comités continuent leurs actions et je continuerai à vous informer de la situation en Colombie. J'espère que vous serez nombreux à soutenir nos actions lorsque ce sera nécessaire.
 
Merci à toutes et à tous pour votre soutien.

Armand

Armand Burguet - armand@educaweb.org - +32 474 50 80 04
FICIB : Fédération Internationale des Comités LIBERTAD (ex-comités Betancourt)
InfoLibertad.com : soutien à tous les séquestrés et disparus en Colombie
EducaWeb.com pour les enseignants et leurs classes.


Archives d'édito : 17 juin 2009....