site mis à jour le 13 juillet 2008 - message@ninasiget.com
www.ninasiget.com
© 2002-2003
Cette page d'archive est dépoussiérée chaque semaine.
Inscrivez-vous à la mailing-liste et recevez le sommaire des nouveautés sur votre e-mail.
A Aung San Suu Kyi,

Autant la presse a été prolixe l’an passé à l’approche de votre 60ème anniversaire, ce qui naturellement était une bonne chose pour ne pas vous oublier. Autant je suis frappée qu’à peine un an plus tard et une nouvelle prolongation de votre assignation à résidence, prononcée pour une année encore, il soit tellement difficile de lire l’indignation des démocrates de la planète, de les voir se lever pour soutenir votre combat.

Vous êtes née le 19 juin 1945 à Rangoun, feu la capitale de feu la Birmanie, remplacée en raison de l’hostilité de la majorité de sa population en février 2006 par Pyinmana (comme au temps de la colonisation britannique). Lorsque vous avez deux ans, votre père, le général Aung San, leader de la libération birmane, est assassiné. La profession de votre mère, Daw Khin Kyi, diplomate, fait que vous avez été élevée en Inde et en Grande Bretagne.

D’ailleurs, vous n’êtes pas en Birmanie lors de la proclamation de son indépendance, le 4 janvier 1948, quand s’ouvre une brève période de prospérité dans une démocratie parlementaire. Le coup d’Etat du Général Ne Win, en 1962, l’amène au pouvoir pour plus de vingt six ans. Le 8 août 1988, les militaires ouvrent le feu sur la foule protestant contre la situation économique et politique. C’est aussi l’année où vous choisissez de revenir dans votre pays pour vous occuper de votre mère souffrante et, avec des amis, vous fondez la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND). Vous militez pour l’instauration d’un régime démocratique et le peuple vous suit à tel point que votre popularité agace la junte militaire qui cherche à diminuer votre influence : ce qui vous vaut votre première assignation à résidence.

Une seule élection démocratique est organisée en 1990 et permet à la LND de remporter 80% des sièges. C’en est trop : le pouvoir ne peut l’accepter et annule cette élection. La conséquence : une répression accrue. Cela ne suffit pas à entamer votre détermination. La Communauté internationale l’année suivante, en 1991, vous témoignera son soutien en vous décernant le Prix Nobel de la Paix.

Régime autoritaire, l’Etat du Myanmar, feu la Birmanie, est donc toujours régi par la loi martiale et ce, depuis 1962 : le travail forcé est une pratique courante. Les organisations internationales des droits de l'homme classent la Birmanie parmi les mauvais élèves en matière de libertés publiques : la liberté de la presse et les droits de l'homme ne sont pas respectés, le pouvoir judiciaire n'est pas indépendant de l'exécutif et les partis d'opposition ne sont pas tolérés. L'armée, forte de 40 000 hommes, n'a pas d'ennemi extérieur. Son rôle unique est de contrôler la population et de s'accaparer richesses et pouvoir.

A défaut de pouvoir contraindre nos dirigeants à se battre à vos côtés, au nom de la liberté démocratique, nous pouvons, chacun à titre individuel, apporter notre contribution en nous référant aux démocrates birmans : "plus de touristes, c'est plus de travail forcé". A méditer au moment où nous préparons nos prochaines vacances…

Recevez, Suu Kyi, mes salutations militantes.

Nina Siget