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A Fred,
S’il est des combats qui sont difficiles, tellement éprouvants à mener, le tien en fait partie assurément. Définitivement. Alors que te dire d’autre depuis ma validité qui ne soit ni ridicule, ni déplacé… Je peux éventuellement te parler de ma profonde compassion pour les douleurs insupportables que tu endures… et je peux aussi te promettre de faire tous les pèlerinages de toutes les villes saintes du monde entier si tu penses l’ombre d’un instant que ma prière puisse te soulager…je peux encore te tirer un peu et gentiment les oreilles en te disant de te continuer… voire, pourquoi pas, je peux t’engueuler pour te secouer… si cela peut servir à quelque chose.
Je peux naturellement me lever chaque matin et réciter du Baudelaire, du Rimbaud, du Molière si tu le souhaites ; à moins que tu ne préfères que je m’atèle à l’encyclopédie en dix volumes (oui, je le ferai mais enfin si tu pouvais éviter… je ne serais pas contre. Merci.) Je peux convaincre les autorités de la ville d’Arles de recevoir en grandes pompes le Capitaine Paul Watson, pour lequel tu mouilles ta chemise chaque jour… Je peux sans aucun problème trouver le prochain vol pour aller en ta compagnie chercher Ingrid au milieu de la jungle… Je suis d’ailleurs une fidèle lectrice de ces infos quotidiennes sur ton blog.
Je peux faire tout cela pour toi, je suis certaine que tu n’en as aucun doute. Je peux également faire tout ce que tu pourrais suggérer même si cela me vexerait un peu de ne pas y avoir pensé toute seule (tu es bien placé pour le savoir, on ne se refait pas !). Qui plus est, je sais que je ne suis pas la seule dans ton entourage, tes proches, tes amis, à avoir cette même détermination. Elle est à la fois naturelle dans mon caractère et renforcée par le tien et ton fichu moral de battant. Tu es même un modèle du genre pour plus d’un parmi nous.
Je vais arrêter de te passer la pommade et reprendre un peu le cours habituel de nos relations amicales !!
Reçois, Très Cher Fred, ma profonde affection.
Nina Siget
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