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Lettre ouverte du 14 octobre 2007 : A Valérie,
"Le 14 octobre est un jour mémorable" : j'ai écrit cette phrase, il y a si longtemps déjà, alors que j'étais encore au collège, pour me moquer d'un professeur d'une matière exaspérante d'ennui pour mon esprit. Je ne pouvais alors imaginer créer un lien étroit entre elle et moi... Or, je dois bien reconnaître que depuis, année après année, pas toujours avec la même intensité bien sûr, je suis étonnée par les messages mystérieux que ce jour m'adresse à mon insu.
Il est vrai que souvent je n'y ai prêté aucune attention particulière mais, toujours, j'ai été surprise par une pensée, au minimum éphémère, en provenance et à destination de ma meilleure copine de l'époque, celle-là même qui avait été à l'origine de ce fou rire juvénile. Une confidence en somme que nous partageons à jamais elle et moi. Quand je pense à elle, je me demande ce qu'elle a bien pu faire de nos souvenirs... jamais pourtant je n'ai envisagé qu'elle ait pu les oublier... Je descends et m'éloigne pour tenter de me rapprocher un peu de l'essentiel. Je reviens le visage frais et resens sa présence sur mon parcours ; j'entrevois qu'elle n'était pas anodine. Même fragile, elle est en réalité intemporelle.
D'autres fois, ces mots jetés sans intention particulière, sur ce minuscule bout de papier quadrillé, me tirent, me poussent, me tiraillent même. D'autres fois encore, ils m'élèvent, me relâchent, me sauvent, me bousculent. Au fond, ils m'habitent. Comme une révélation de mon intimité avec les mots, je veux dire tous les mots. Je lève les yeux et la remercie.
Les années de perplexité, je m'en remets à la confiance en cet étrange hasard qu'il l'a placée sur ma route un jour de septembre dont je ne me souviens de rien d'autre. Je sais que je la retrouverai. Au fil du temps, elle est un signe qui vient baliser ma route. En sortant de ce songe, moi qui croyais avoir tout compris, je réalise que j'avais simplement oublié de pardonner. Agitée et animée par l'urgence, j'ai déposé mon fardeau, lui ai tourné le dos et le soleil a brillé à nouveau. Après la pluie toujours le beau temps...
Reçois, Chère Valérie, mon désir profond de te retrouver.
Nina Siget
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